PETITS MOYENS, GROS RESULTATS.

Pendant que ce mois-ci dans MX Mag, l’excellent Lebig vous propose de vivre Red Bud avec le team Pro Circuit, le Gator’s Pit a quant à lui dépêché son envoyé spécial passer la journée sur le SX de Saint Valery en Caux avec Cyrille Coulon.
Peut-être moins glamour sur le papier, mais pas forcément moins intéressant ni même moins exotique… Et si les moyens ne sont pas vraiment les mêmes, là aussi, la victoire est au bout !
14H
J’arrive sur le beau circuit de Saint-Valéry et rejoins Cyrille Coulon et son team. Une équipe pour le moins familiale et « à taille humaine » puisqu’elle se compose de l’omniprésent et hyperactif Hugues Angot, chauffeur, manager, coach, assistant, mécano occasionnel ; d’Amandine, sa fille, la charmante et discrète compagne de Cyrille, et…c’est tout. Ce qui s’appelle un effectif pléthorique !
De la même façon, le « semi » officiel n’évoque pas totalement le team Yamaha US à Anaheim : un camping-car auquel est attelé une remorque fermée de dimensions modestes, accolée à un petit auvent.
A vrai dire, il y a pas mal de pilotes de ligue –sans parler des cadets !- qui ont des structures deux ou trois fois plus grosses. Si on avait encore besoin d’une preuve que ce n’est pas la taille du camion qui fait aller vite, on l’a !
Ah, j’oubliais deux bêtes impressionnantes qui imposent le respect. Non, ce ne sont pas les 450 YZF du pilote Yamaha Les Deux Roues, mais ses deux chiens, Asko, son mâle Cane Corso, et Aïa, sa femelle Mâtin espagnol. Asko est très joueur, mais attention avant de lui lancer un bâton –ou une vieille bouteille d’eau en l’occurrence-, vu son gabarit, la petite partie avec le gentil toutou peut vite se changer en mêlée de rugby !
Si ce n’est pas le cas de la météo, l’ambiance, elle, est au beau fixe : après celui de Niort, Cyrille a remporté hier soir le SX de La Bosse de Bretagne. Le programme de la soirée ayant pris du retard, la finale s’est terminée vers 1h, Cyrille s’est couché vers 3. La Bosse étant à environ 400 bornes de St Valéry, on comprend tout se suite le côté indispensable du camping-car si le pilote veut dormir un peu pendant qu’Hughes, levé à 7h30, conduit…
14H20
C’est l’heure du briefing des pilotes. Qui commence par un petit coup de gueule du délégué FFM Patrick Stadler après les Juniors : non, on ne continue pas sa course sous les drapeaux blancs à croix rouge, avec un pilote au sol et des secouristes sur la piste, comme si de rien n’était. Ce qui est pourtant arrivé à Niort… On dirait un peu un proviseur sermonnant ses élèves !
Avant de débattre de l’opportunité d’arroser, puisque malgré les pluies nocturnes, le circuit est très sec, on rappelle une nouveauté 2008 dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne fait pas l’unanimité – on y reviendra- : le premiers du classement provisoire ne participent pas aux séries et sont directement qualifiés en demi-finale.
C’est ensuite Thierry Fouchet qui prend la parole pour annoncer une mauvaise et une bonne nouvelle. La mauvaise, c’est qu’il n’y aura pas de SX Tour à Moscou cette année : la Russie organisant ce palpitant événement musical qu’est le Concours de l’Eurovision, celui-ci bloque le Palais des Sports moscovite pendant… 40 jours ! Tout le calendrier des organisations en est chamboulé et le SX n’a plus droit qu’à 2 jours pour la réalisation de la piste au lieu de 4. Mission impossible… Il y a manifestement des déçus dans l’assistance.
La bonne nouvelle, c’est que les 125 des juniors prennent cette année la place des 85 à Bercy.
Les questions fusent sur le nombre de pilotes autorisés à rouler avant de dériver sur l’habituel sujet polémique, la rémunération des pilotes… Même si tout le monde comprend bien qu’un Stewart fait vendre et coûte cher, certains pilotes du SX Tour aimeraient – c’est bien normal- qu’il reste un peu plus d’argent pour eux… Les représentants de la FFM affirment qu’ils feront tout pour défendre leurs intérêts, ce qui en fait manifestement sourire quelques-uns, mais l’ambiance reste malgré tout très détendue.
14H40
Hughes est en train de travailler sur la moto de Cyrille : changement des roues, tension des rayons, filtre à air, des bricoles puisque de son propre aveu, il est « tout sauf mécano ». La moto de course –il y en a une seconde dans la remorque- demande en général peu de travail puisque le roulage de la journée est très limité. Si l’YZF n’est pas absolument la moto de Monsieur Tout le Monde, elle n’en est pas très éloignée : des suspensions préparées pour le SX par Tip Top Compétition, une ligne DEP, des tés Neken, un disque Braking Oversize à l’avant. Une fois ses réglages définis, Cyrille les conserve d’une piste à l’autre : il me confiait avoir simplement un peu raffermi l’avant depuis Niort.
Seule « originalité » : le moteur est lui aussi préparé par Tip Top pour obtenir un caractère spécifique typé SX, à la fois plus vif et plus puissant. Eh oui, quand on est pilote pro, ça manque un peu de watts, un 450.
14H50
Raphaël Beaudouin, arrivé franchement à la bourre, s’est installé à côté de nous : fatalement, être à la fois pilote et organisateur à La Bosse n’est pas le meilleur moyen de partir tôt.
Un retard qui n’empêche pas son mécano d’être très joueur : Hugues s’aperçoit qu’il a masqué le panneau listant tous les sponsors de Cyrille avec celui vantant les mérites de Cardinal, principal partenaire de son pilote…
Le ciel, de plus en plus couvert, finit par ouvrir généreusement les vannes : il tombe des cordes, ce qui douche un peu notre enthousiasme. La pluie sur un SX outdoor, tout le monde s’en passe bien… Cyrille attend une accalmie dans un confort très relatif : alors que Beaudouin trône dans un fauteuil relax qu’on croirait sorti d’une pub de téléachat pour retraités rhumatisants, m’sieur Coulon est assis au fond de sa remorque sur une chaise pliante en plastique bien dur. Ah, on est des costauds, en Picardie !
Fort heureusement, après cette méchante averse, les nuages disparaîtront peu à peu pour laisser la place au soleil en fin d’après-midi.

15H
Les choses sérieuses commencent avec les essais des Juniors. Pendant que Cyrille s’habille, il discute avec Patrick Stadler de la fédé, déplorant la liste des blessés puisqu’après Lopes, c’est Vanni qui s’est fait mal hier. Nous avons également la visite de Charlee, une Miss SX qui attend un heureux événement ! Elle va donc bientôt devoir laisser la place et sera manifestement regrettée… En attendant, elle se fait abondamment chambrer : un bébé, un mari, une maison, pouah, quelle vie horrible !
Quant à Gator, même animé des meilleures intentions, il ne peut pas s’empêcher de planter sa m… Avisant un superbe bouquet de lys et de roses posé contre le camping-car, je demande à Amandine si c’est sa fête ou son anniversaire. La réponse ne se fait pas attendre : « Ah, non, c’est le bouquet du podium de La Bosse. Moi, des fleurs, j’en ai jamais. »
Hummmmmm… Bon, Cyrille, le message est passé : offre des fleurs à ta femme !
15h15
Premier roulage pour Cyrille qui attaque d’entrée et trouve vite ses marques, notamment dans les whoops. Il alterne des tours rapides et des passages au ralenti où il observe la piste.
Hugues, qui ne m’en voudra pas si je dis qu’il n’a pas exactement la taille de Ken De Dijker, suit les évolutions de son pilote grimpé sur un magnifique trépied anodisé Neken reconverti en escabeau de campagne.
Retour au parc et premières impressions : « Je teste différentes combinaisons sur les enchaînements et je cherche de bonnes trajectoires. J’ai parfois tendance à trop privilégier les extérieurs, et les whoops sont à la fois mon point fort et mon point faible : je suis très rapide en les dribblant, par contre, curieusement, je ne suis pas très à l’aise s’il faut les sauter alors que c’est théoriquement plus facile. Mais ici, ça va, je n’ai pas de problème, je me sens bien. La piste est sympa et assez technique, la terre est bonne même s’il y a quelques pierres. Je ne suis pas venu depuis deux ans et le nouveau circuit est bien amélioré. »
Un feeling que Cyrille confirme à l’organisateur de ce SX toujours très réussi, venu lui demander son avis.
Il s’attelle ensuite à la préparation de ses lunettes puis au nettoyage de son casque, un Techno qui a déjà bien vécu. « Quand Cyrille se sent bien dans un équipement, il n’est pas pressé d’en changer ! » me confie Hugues qui, de son côté, graisse la chaîne et vérifie de nouveau les rayons.
15H30
Quelques sponsors viennent nous rendre visite… Le premier d’entre eux, c’est « Chinois ».
Vous ne le connaissez pas ? « Chinois », c’est un pote de Cyrille qui bosse dans les matériaux composites et qui lui fabrique des pièces en carbone. Ils discutent des améliorations à apporter, fixation du sabot, épaisseur du guide-chaîne…
Arrive ensuite un membre de l’équipe marketing Scott, qui apporte à Cyrille les nouveaux masques 2009 et prend l’avis de son pilote sur les produits, les coloris… Un pilote qui aimerait bien que Scott produise un pare-pierre et une ceinture, puisqu’il roule actuellement avec des modèles de la concurrence, dont une ceinture qui a dû être neuve à l’époque ou Joël Robert roulait en Junior… On débat aussi d’éventuelles améliorations sur les bottes Genius, produit qui, d’après M’sieur Scott, souffre essentiellement de n’avoir aucun top pilote US sous contrat…et d’un papier peu apprécié dans le dernier MV !
Après son départ, Cyrille se repasse la piste dans sa tête, et nous parle d’un gros trou à la réception du triple qui laisse une seule trajectoire utilisable: il ira d’ailleurs un peu plus tard réclamer un aménagement de la piste à cet endroit avec quelques-uns de ses collègues et obtiendra satisfaction.
17H
Pour les « gros bras », l’heure des chronos à sonné ! Tout au bord de la piste, on s’aperçoit vite que, quoique délaissé par certains et décrié par d’autres, le SX Tour offre encore un spectacle assez réjouissant. Certains compensent par leur gnac une maîtrise pas toujours parfaite –mention spéciale à un Maxime Jeanne, par exemple-, tandis que des Demartis, Beaudouin, Soubeyras, Charlier, Rombaut, Musquin et bien sûr Coulon, pour n’en citer que quelques-uns, affichent une technique qui inspire le respect. Clairement, même si on n’est pas aux U.S. ni à Bercy, ça roule !
A quelques minutes de la fin, Musquin est en tête avec un 42.9 devant le 43.1 de Beaudouin et Cyrille en 43.8. Mais dans le dernier tour, Coulon s’empare de la pôle, abaissant son temps de plus d’une seconde pour claquer un 42.6 de bon augure pour la suite de la soirée.
Hugues est satisfait, d’autant que d’après lui, la chasse au chrono n’est pas le grand point fort de Cyrille.

17H30
Globalement, le Parc du SX tour est un endroit convivial, chaleureux, où les pilotes se retrouvent en famille et entre amis. Mais entre 17h30 et 20h, c’est carrément la place du village ! On discute de tout et de rien, on va voir les potes, on mange, on tape le carton, poker ou belote. Hugues refait du thé pour dix-huitième fois de la journée, Cyrille bricole et modifie les fixations de son sabot carbone, puis nous fait écouter le dernier rap qu’il a téléchargé avant d’aller faire la tournée de ses copains.
20H
Alors que pour la plupart des pilotes, la tension des séries commence à monter, pour les leaders du championnat, l’attente se poursuit… Dispensés de manches qualificatives, les meilleurs n’en sont pas plus heureux que ça. « Franchement, je préférerais aller rouler ! » me dit Cyrille. Effectivement, non seulement il n’a absolument rien d’autre à faire qu’attendre pendant…5 heures –sa demi-finale est à 22h30-, mais en plus, les spectateurs ne voient les tops que deux fois dans la soirée au lieu de trois. Curieuse décision que de ne pas faire rouler les pilotes présents alors que le plateau n’est déjà pas spécialement riche en têtes d’affiche… Cela permet au moins à Cyrille de manger à une heure « normale » -il dîne des classiques pâtes et viande blanche au moins deux heures avant sa première course- et de s’offrir une sieste réparatrice.
22H
La nuit est tombée et l’ambiance monte d’un cran… Hugues a fini de préparer et nettoyer l’YZF à la lumière d’un unique néon et retrouve Cyrille, Raphaël Beaudouin et Mickaël Musquin, qui regardent les repêchages juchés sur le toit bien encombré d’un Bobcat.
22H30
Après une première demi logiquement dominée par Musquin, c’est au tour de Cyrille de prendre la piste. Manifestement, la meilleure place sur la grille est immédiatement à droite de la « cabane à chien » et Cyrille en jaillit comme un missile pour une véritable promenade de santé sans réelle opposition, malgré le bon comportement de Charlier, de Rombaut et d’un Mike Valade qui ne va pas vite qu’en pitbike.
Avec cette première victoire, les fans commencent à se presser autour de l’auvent pendant qu’Hugues passe un nouveau filtre à air et vérifie les serrages des principaux éléments. La structure réduite n’empêche pas le regard des plus jeunes de briller. On réclame timidement un autographe, signé le plus souvent sur une feuille de papier blanc arrachée à un classeur scolaire… Non, Cyrille n’a pas de posters ! « Ce sera pour l’an prochain quand on aura des sous ! » plaisante Hughes. Bon, allez, messieurs les sponsors, un bon mouvement, offrez à Cyrille ce magnifique outil marketing qui permettra à votre pilote et à votre logo de figurer en bonne place dans la chambre de jeunes pratiquants éblouis : le poster !
23H40
Pendant que Ludovic Guillou régale le public en enchaînant les backflips –il en rentrera pas moins de 10 pour célébrer à sa façon le 10e anniversaire du SX de St Valéry !-, Cyrille se concentre avant la finale. Hugues sort le vélo de course monté sur rouleaux et son pilote s’échauffe puis rejoint le pré-parc.
Action ! Bien placé à coté de Musquin sur la grille, Cyrille reste prudent dans la cohue du premier virage. Au premier tour, il est 4 derrière celui-ci, Charlier et Beaudouin. Bien conscient du fait qu’il ne doit surtout pas laisser le pilote NGS partir devant, il s’empare rapidement de la deuxième position et commence à remonter méthodiquement. Profitant de sa vitesse dans les whoops, Coulon revient dans la roue de Musquin avant de le dépasser à l’extérieur dans le virage qui les ramène sur la ligne droite de départ. La Yam ne fera alors que creuser l’écart, même si la Honda n’est jamais bien loin. Une victoire sans discussion, la deuxième en deux jours, qui satisfait pleinement Cyrille : « Mon objectif, c’est de rouler à mon vrai niveau, comme je sais le faire, sans faire d’erreurs. Après, les résultats suivent naturellement. Bien sûr, le titre SX est dans un coin de ma tête, mais pour l’instant, je n’y pense pas trop, je prends les courses les unes après les autres. »
Et même si les compteurs seront partiellement remis à zéro après La Tremblade, « Full Gas » a toutes les raisons d’avoir le titre en ligne de mire : après une saison difficile au sein d’une structure où il ne s’est jamais senti à l’aise, Cyrille s’est bien relancé depuis Bercy. Plus sûr dans son pilotage –je ne l’ai pas vu une seule fois en cata de la journée-, il est manifestement calme et serein. Le côté brouillon a disparu, l’attaque est restée !
Très rapide au Touquet ou sur le cross-country allemand qu’il dispute pour le team Parthen, en bagarre pour le podium de l’Elite, le voilà maintenant premier ex-aequo du SX avec Demartis et Musquin.
Des perfs qui pourraient bien séduire une grande marque aux ambitions renouvelées pour 2009. Mais chut, je ne vous ai rien dit !
D’ici là, sur le coup de 0H30, il reste à Cyrille à faire quelques photos avec des fans et à discuter avec quelques spécialistes –« Heu, le ricain qui vient à Bercy, comment y s’appelle ? Si, tu sais, le black ? »-, à Hugues un peu de matos à ranger, et à l’équipe à terminer un week-end bien rempli en regagnant la Picardie avec deux victoires de plus au compteur. Bien joué, messieurs.
Photos courtesy Boris Rejou/Sony MX
LA CHRONIQUE DU MEC QUI NE COMPREND RIEN
« Gator, on voit bien que tu ne connais rien au motocross ! »
« Gator, tu sais pas de quoi tu parles! »
« Gator, t’es vraiment trop c… ! »
Ah, combien de fois n’ai-je pas lu sur le web ces commentaires flatteurs qui me vont droit au cœur comme autant de témoignages d’appréciation et de reconnaissance.
Oui, mes amis, vous avez raison, c’est vrai, je l’avoue, je ne comprends rien à notre merveilleux sport.
C’est pourquoi, au tournant de la saison la plus palpitante, la plus incertaine, la plus complexe que nous ayons vécu depuis bien longtemps, j’ai envie de partager avec vous les interrogations métaphysiques qui me taraudent…
Depuis combien de siècles n’a-t-on pas vu 7 vainqueurs de manche différents en 9 GP MX1?
De Dycker, Ramon, Philippaerts, Pourcel, Nagl, Barragan, Coppins… Incroyable.
Et à quelle manifestation paranormale doit-on de passer d’années entières d’ultra domination à, enfin, alleluiah, une saison ultra-disputée, pleine de suspense et de rebondissements ?
Certes, les circuits ne sont pas toujours des plus sélectifs, mais…
Ça doit certainement être l’effet positif et bienfaisant de Youthstream…

Par le biais de quel phénomène scientifique inexpliqué y a-t-il deux Seb Pourcel à l’intérieur de Seb Pourcel ? Le premier est dominateur, sûr de lui et de son pilotage d’une pureté clinique, prend ses virages debout « à la Everts », les pieds vissés sur les repose-pieds, et affiche un sourire triomphant. C’est celui que l’on a vu en France, au Portugal mais peut-être plus encore lors de la première manche italienne.
Le second est maladroit, poissard, nerveux, se met dans tous les mauvais plans, a un pied qui traîne à droite, à gauche, voire au-dessus de la selle, et arbore des dents pleines de terre… C’est celui que l’on voit trop souvent.
Docteur Pourcel et Mister Seb… Puisse le premier prendre définitivement prendre l’ascendant sur le second, c’est tout le mal qu’on lui souhaite…
Seb et Billy partiront-il en vacances ensemble ? Ah, on les sent irrésistiblement attirés l’un par l’autre, ces garçons, ils ne sont jamais aussi bien que près l’un de l’autre, tout près, trop près… Ah ? Ben non, finalement, Billy s’en va et Seb reste allongé là, tout seul.
Une prochaine fois, ce sera peut-être l’inverse…
Les communiqués de presse de certains teams sont-ils écrits en freelance par le Ministre de l’Information Nord Coréen ? Langue de bois néo-stalinienne, relecture avantageuse des faits de course pour ne pas dire mensonges éhontés, mauvais sort acharné servant à justifier tout et n’importe quoi, c’est avec un immense plaisir que je découvre chaque semaine les contes à dormir debout que nous relatent certains… C’est beau, l’imagination.
Le team Molson a-t-il été ensorcelé ? Non content de s’offrir les casses mécaniques les plus improbables du monde, pontet de fourche cassé pour Sword, durite de frein arrachée et repose-pied brisé pour Paulin, casse moteur 5 minutes après un départ pour Church, le team va bientôt devoir louer un minibus pour amener ses pilotes à l’hosto… Une consultation avec le grand marabout Babakar Diallo de la faculté de parapsychologie de Niamey me paraît aussi indispensable qu’urgente.

Pourquoi quelques-uns des meilleurs pilotes de MX du monde ne savent-ils pas faire de tout-terrain ? Vous-vous souvenez tous de la montée en paliers de Bellpuig ? Des années que je me disais « Si un jour il pleut, ça va être chaud… » J’avoue que je n’ai pas été déçu. On passera rapidement sur le fait, maintes fois évoqué ailleurs, qu’un Knight, un Aubert ou un Salminen auraient sans doute pu y organiser un stage, pour s’attarder sur le fait que certains n’en ont manifestement jamais fait. On leur apprend quoi, aux débutants, face à une côte ? Tu recules pour prendre le maximum d’élan ! Conseil qui n’est manifestement jamais arrivé aux oreilles de certains pilotes, en MX2 notamment. Contrairement à un Cairoli, un Guarneri ou un Paulin qui ont fait preuve de vrais talents de franchisseurs, pour la plupart, c’était « je m’arrête bien soigneusement à 5 cm de la côte pour observer la situation, et après, curieusement, je n’arrive pas à monter. » Ah, n’est pas Everts à Foxhill qui veut.
La marche entre une pige réussie en MX2 et toute une saison est-elle plus haute qu’on ne l’aurait imaginée pour les djeun’s de l’Europe ? Les perfs 07 de Paulin à Namur ou de Musquin à Faenza laissaient augurer une entrée fracassante, ben… Si Marvin commence à faire claquer des perfs honorables après un début de saison des plus compliqués, Gautier est à la peine entre blessures et contre-perfs. (Bon courage à lui pour son retour prévu à… Lommel.) Et que dire de Philippaerts, Roelants ou Vongsana ?
Par quel miracle le team qui fait péter le moins de résultats est-il celui qui fait le plus parler de lui en France ? Grâce à une science du marketing sans égal et à l’ouverture d’une agréable maison de retraite et de soins dans un cadre enchanteur, Bud est comme jamais sur le devant de la scène médiatique sinon sur les podiums. Reste à prêter une moto à Flavie Flament pour un essai à Auto Moto… ou à engager J-Law, qu’une citerne de Bud pourrait certainement tenter.
Blague à part, je souhaite vraiment aux Dassé de trouver les solutions qui leur apporteront le succès que leurs efforts méritent.
Les contrats d’Alexandre Rouis, Mickael Musquin et Pela Renet comprennent-ils l’aide d’une cellule de soutien psychologique ? Parce que servir toute l’année de chicane mobile quand par miracle on réussit à se qualifier, ça doit quelque peu laminer le moral… Bon, c’est sûr, si on survit, on en sort plus fort : voir l’exemple de Greg Aranda qui commence à scorer de gros points après plusieurs saisons en enfer… Mais que ça a dû faire du bien à l’aîné des Musquin de venir prendre des chromes en SX Tour !
Qui aurait misé l’ombre d’un kopek sur Boni ? Pas moi, je l’avoue.
Reste à commander des bras chez Pro Circuit et ça peut clairement le faire.
Pourquoi les motos de MX démarrent-elles toujours au kick ? Ou plutôt ne redémarrent-elles pas, devrais-je dire… Et ça kicke, et ça kicke, et ça kicke…
Jonathan Barragan n’a pas ce problème, et c’est heureux, vu la quantité industrielle de boîtes que ce garçon se met avec un enthousiasme non dissimulé, réussissant même, il y a quelques GP de cela, à se T-boner lui-même à trente secondes d’une arrivée victorieuse. Est-il construit tout en titane par M’sieur Akrapovic? Je me pose la question, tant il paraît peu affecté au physique comme au moral par ces chutes, montant tranquillement sur la plus haute marche à Uddevalla.
Quel explication mystérieuse y a-t-il au fait que les deux p’tits frenchies les plus souvent en vue jusqu’ici –Messieurs Boog et Frossard- étaient justement les moins en vue des média et des fans cet hiver ? Doivent pas avoir d’assez bons communiqués de presse, ces gars-là…

Justement, jusqu’où ira Steven Frossard –un régal à contempler- ? Et jusqu’où descendra Nico Aubin –un calvaire à suivre-?
Souhaitons tout le meilleur à tous les deux.
Y a-t-il un mec plus rafraîchissant, simple et nature que Jean-Jacques Luisetti de chez CLS?
Il est interviewé à la télé pour commenter les perfs de son pilote, et quand il a fini, il en profite pour dire bonjour à sa femme et ses enfants. Le Gator attendri, une sacrée perf de J-J !
Suis-je victime d’hallucinations ou ai-je bien vu KDD claquer un nac-nac en Angleterre ?
J’ai certainement dû rêver, le fait étant à peu près aussi crédible qu’un bœuf entre MAM et NTM.
Steve Ramon réussira-t-il à nous faire claquer un troisième titre à grands renforts de flamboyantes deuxièmes et troisièmes places ? C’est d’autant moins impossible que cette année, Steve a sorti la grosse attaque : il a déjà gagné une manche et je l’ai même vu –si, si, j’vous jure !- doubler des pilotes !
Quelle étonnante fibre créative a germé chez les panneauteurs ? En plus des habituels « Focus » ou « U can », on a par exemple vu récemment fleurir des conseils des plus édifiants, comme le « Roost him » du mécano de Simpson lui suggérant, en désespoir de cause, de repeindre Rattray, ou le vengeur « Clean him out » conseillant à Searle d’emmener à son tour Cairoli admirer de plus près la texture du sol… Distrayant.
Et enfin, dites-moi… La « jolie » petite blonde qui vient casser les pieds des pilotes sur la grille de départ, mais… Ce nez… Ce « sourire »… Ce ne serait pas la grande sœur de notre bel Antonio ?
Insoutenable cruauté
Le motocross est un sport rude, dur, ingrat… Espoirs déçus, rêves brisés, égos piétinés, héros défaits, rien ne manque pour en faire tous les dimanches une sublime et palpitante tragédie des temps modernes. Et quel meilleur théâtre pour un lever de rideau que Valkenswaard, son sombre sable gorgé d’eau et son océan d’ornières?
Il suffisait de jeter un œil à la piste avant même le départ de la première manche pour savoir que la journée allait être longue et difficile… Pourri défoncé, bien sur, mais aussi et surtout lourd, épais, collant… Dans ce genre de conditions, seuls les plus forts survivent, et les premiers rangs décimés sont toujours ceux de la horde de Champions du Monde potentiels d’avant saison… Vous les connaissez tous : ils ont fait preuve de ci de là d’une belle pointe de vitesse l’année précédente, claqué quelques temps ou au contraire été victimes d’une poisse noire qui, bien sur, ne peut pas durer… Au détour d’une interview, ils nous assurent que « le team est au top », qu’ils sont «super satisfaits du testing » ou que leur nouveau coach licencié par un team cycliste moldave leur a fait acquérir « un physique béton ». Soutenus par une horde de fans ne demandant qu’à avaler des couleuvres et remettant les sceptiques à leur place à grands renforts de « Kan tu roulra kom lui tu poura cosé », ils nous expliquent, mi méthode Coué, mi langue de bois que leur envierait un dirigeant du Parti Communiste Chinois, que cette année, c’est la leur, et que nous allons voir ce que nous allons voir… Et dans bien des cas, pour voir, on a vu… Parce que le « léger » problème, évidemment, c’est que ces valeureux candidats à la gloire sont une bonne quinzaine… Bon, allez, on ne va pas tirer sur les ambulances, mais ils sont faciles à reconnaître : ce sont ceux qui après avoir ramené entre zéro et cinq points en deux manches, se déclarent « plutôt satisfaits », estiment qu’ils vont « monter en puissance » ou encore que « Valkenswaard est bien trop atypique pour qu’on puisse en tirer des conclusions ». C’est peu dire que tout le monde n’a pas le franc-parler d’un Aubin lâchant « Je suis tombé comme un con ». Au moins certains ont-ils la sagesse de partir ruminer dans leur mobile home et de s’abstenir de toute déclaration… Pas besoin pourtant d’être soi-même un grand pilote ou un team-manager d’expérience pour rappeler un fait quasi-incontournable : celui qui est Champion en fin de saison, c’est celui qui, dans un très mauvais jour, finit 5.
Mais le GP des Pays-Bas n’est pas cruel qu’avec les hommes, il est aussi impitoyable pour les mécaniques… Comment s’en étonner en voyant arriver, en première manche MX2, une grappe de pinpins aux trajectoires incertaines, totalement à l’arrêt dans une succession de vagues badigeonnées à la SuperGlu ? Quand ils se rapprochent, on découvre qu’il s’agit d’Aubin, alors 3, et de ses poursuivants immédiats, passablement scotchés malgré leurs moteurs abondamment préparés… S’en est suivie une longue liste d’abandons mécaniques, les plus cruels étant sans doute ceux de Frossard privé de résultats solides, à son image, et de Leuret, qui n’a rien pu prouver de sa forme si ce n’est en poussant la moto quarante-huit fois dans le week-end… Remarque, maintenant, le team a malheureusement du temps devant lui pour mettre le moteur au point… Valkenswaard n’est pas non plus le terrain où peuvent s’épanouir chaleureusement les amitiés naissantes. Prenons, au hasard, le vieux lion et le jeune qui monte chez Rinaldi Yamaha. Ah, qu’elle était belle, cette fin de non-recevoir sous forme d’un discret coup de coude de Philippaerts sur Coppins en fin de première manche… Le panneau « No mistakes » brandi par le team en deuxième manche alors que les nouveaux amis se tiraient de nouveau la bourre résumait mieux qu’un long discours la petite mise au point d’entre deux manches. On sent également poindre une ambiance de saine et franche camaraderie des plus épanouissantes chez GPKR. Strijbos semble autant apprécier la compagnie de son team, qu’il fuit dès que l’occasion s’en présente, qu’afficher une pleine confiance dans les options techniques retenues… Tester deux autres marques de suspensions dans la semaine précédant l’ouverture du Mondial, sûr que ça doit faire plaisir aux sponsors comme au team manager…
Enfin la silice hollandaise est aussi bien éprouvante pour les nerfs du fan lambda assis comme moi devant son téléviseur… Oh, je sais, nous avons la meilleure place, confortablement installés sur nos moelleux canapés, une canette à la main, à nous gausser du rythme affligeant de certains pilotes que nous serions bien en peine de suivre sur trois virages, nous avons la télé en live, le web, la presse écrite… Mais quand même, qu’avons-nous fait pour qu’on nous oblige à subir une retransmission pareille ? Je ne reviendrai pas sur l’aspect pratique bien pensé, déjà mille fois débattu, d’avoir désormais les deux catégories sur deux chaînes différentes, qui obligent par ailleurs à s’acquitter d’un abonnement supplémentaire par rapport à l’an dernier. Mais, après les diffusions magistrales d’Eurosport 2, comment ne pas sentir que l’on regarde un sport de seconde zone qui ne mérite ni respect ni efforts ? Départ de la première manche de la saison MX1… 13h04, le golf. 13h05, le foot portugais. 13h06, le foot espagnol. 13h07, la Ligue 1. 13h08, le championnat de voitures de tourisme. 13.09, quelques bandes-annonces. 13h10, le baisser de grille à la seconde près qui oblige le speaker à un grand numéro d’élocution accélérée… « Etbienouiiciendirectdevalkenswaardpourledépartdelapremière-mancheduchampionnatdumondecestdumotocrossbiensur ! » Il reprend heureusement vite ses esprits pour nous signaler l’excellent départ de l’Allemand McKenzie et la belle combinaison bleue et jaune de DeDijker… Formé par Olivier Jacquemin sur Sport Plus ? Mon moment préféré restera quand même, après l’accrochage entre les coéquipiers de chez Yam, l’excellente formule « Josh Coppins a été obligé d’aller au sol »… Curieusement, un autre commentateur a fait son apparition pour la deuxième manche, après que l’on ait profité d’une bonne demi-heure de volley féminin, éblouis par la grâce de joueuses semblant droit sorties d’une équipe ouzbèque de lancer du marteau…
On sera un peu plus indulgent avec Motors TV où l’on trouve Max Martin et Mickaël Pichon, aux commentaires techniques toujours aussi pointus, puisqu’il peut tenir trois minutes chrono sur la position du guidon et des leviers de Van Horebeek… J’avoue humblement que son œil est autrement plus acéré que le mien sur ce genre de choses ! La retransmission du MX2 avait pourtant mal commencé avec une interview palpitante de Guiseppe et Wolfgang tous crocs dehors, mais nous avons pu rapidement nous détendre grâce à une apparition remarquée d’Antonio Cairoli. Remarquée car, son appendice nasal lui semblant certainement quelque peu sous-développé, il arbore un magnifique « écarteur de narines » qui le rend plus aérodynamique que jamais, tout en lui conférant un look racing du meilleur aloi… Tony est désormais stylé comme une Panda tuning avec aileron Nascar et pot double sortie en boîtes de cassoulet. Ah, la classe italienne, ça ne s’invente pas… On passera enfin rapidement sur l’omniprésence de la pub sur les deux chaînes… Aussi pénible qu’elle soit, quelques spots de marques de MX nous auront donné nos seules occasions de voir les Musquin Bros ou les pilotes Bud à l’écran… Mais soyons honnêtes, tout n’est pas aussi sombre dans l’univers impitoyable du MX que je me plais à essayer de vous le faire croire, et le spectacle est magnifique… Il y a de la bagarre, de l’attaque, de la rage, du suspense, de l’intensité… Il y a des pilotes qui sont là quand on les attend : un Ken DeDijker à l’abattage phénoménal, un Ramon au style toujours aussi impeccable, un Coppins qui résiste vaillamment à la douleur, un Philippaerts ou un Nagl en pleine ascension, un Rattray solide comme un roc sur ce type de terrain, un Cairoli qui se bat jusqu’au dernier mètre… Il y a ceux qui ne font pas de bruit et sont bien mieux qu’on ne l’imaginait : un McKenzie très incisif, un Boog des plus convaincants, un Simpson ou un Roelants auteurs de vrais coups d’éclats –ce dernier étant quand même assez sauvagement au-dessus de ses pompes ! Et la liste n’est pas exhaustive… Pour ceux qui n’en font pas partie, la pièce se joue en quatorze autres actes, certains seront sans doute moins cruels… C’est tout le mal qu’on souhaite aux acteurs. Photos Laurent Reviron
Valence awards
En cette période où se suivent Césars et Oscars, le MX de Valence offrait une bonne occasion de donner quelques coups de projecteurs bien placés sur les principaux acteurs de la saison à venir.
Les « Valence awards », action, ça tourne !
Le « Charles Krajka » spécial award…
…est attribué à l’ensemble des teams pour le barouf infernal qu’ils produisent ! Tous les hivers, on entend parler du caractère essentiel de la lutte contre le bruit. Et quand on arrive sur les circuits, on n’entend plus rien, plus rien du tout ! Une avalanche de db parfaitement insupportable et qui porte à des kilomètres…
Exception d’autant plus notable qu’elle est unique : la Husky de Christophe Martin.
Le « I’m the boss » award…
…est bien sûr attribué à Josh Coppins ! Trois manches, trois courses solides, trois victoires, Josh a bien l’intention d’affirmer d’entrée qu’il faut compter avec lui pour un titre qui serait pleinement mérité. A noter que le kiwi a manifestement bossé les points faibles de son pilotage : je n’irais sans doute pas jusqu’à le qualifier de fluide et aérien, mais le changement est net.
Le « total intox » award…
…est attribué à Jacky Vimond ! Les temps chrono fort décevants de Coppins et de Paulin s’expliqueraient par le fait que sur les instructions de leur mentor, ils rendaient la main sur certaines parties du circuit pendant qu’ils roulaient à leur vrai rythme sur d’autres secteurs ou Jacky prenait des partiels significatifs… C’est beau, la guerre psychologique !
Le « Urgences» award…
…est attribué à Seb Pourcel ! Certainement le malade le plus rapide du monde avec Tim Potisek, Seb a fait trois manches très solides qui laissent clairement à penser qu’il sera un des plus gros adversaires de Coppins. Seb a manifestement mûri, faisant des courses réfléchies, même malade, alors qu’il n’y a pas si longtemps, il se serait mis par terre, même en pleine forme. Belle perf.
Le « Si je veux j’attaque » award…
…est attribué à Steve Ramon ! Steve va vite dans un style parfait, rien de neuf. Mais à quand remonte la dernière fois que vous l’avez vu se battre pour une place ? Oui, c’est ça… Longtemps ! En troisième manche à Valence, Steve était à l’attaque totale derrière Coppins pendant plusieurs tours, manifestement fermement décidé à le bouffer ! Bon, ça ne l’a pas fait, ça n’a pas duré, mais c’était chouette, cette étincelle…
Le « Goon riding » award…
…est attribué à Ken De Dijker, qui d’autre ? Toujours rapide et plus technique qu’il en à l’air, le géant belge nous rentre quand même des trucs incroyables, comme le saut de la ligne de départ, assis les c…sur le réservoir et les épaules au-dessus du garde-boue arrière…
Particulier.
Le « 50/50 » award…
…est attribué à Julien Bill –ou Bill Julien, comme le speaker l’a appelé tout le week-end- !
Départs et débuts de manches canon, gros rythme, Julien manque manifestement un peu de physique et tend à s’effondrer en deuxième moitié de manche. Va falloir commander le kit bras au HRC, c’est long, un GP.
Le « petits moyens, grosse attaque » award…
…est attribué à Nicolas Aubin ! S’il y a pas mal de pilotes de ligue qui ont deux fois le matos qu’avait Nico à Valence, ils n’ont pas exactement le même rythme ! Aubin est à l’aise au guidon d’une 450, à un style réjouissant, s’amuse et ne force pas. Bon, j’avoue que j’attendais peut-être un peu mieux de Nico que deux fois 7, mais au vu des résultats des frenchies qui avaient choisi de rester en 250, on ne va pas faire le difficile, hmm…
Le « Ce gars est prêt trop tôt » award…
…est attribué à Tommy Searle ! Seul pilote MX2 avec son coéquipier Rattray à se mettre en valeur pendant les manches, Tommy fait preuve d’une attaque impressionnante, dans un style plutôt fluide malgré une puissance physique manifeste. Prêt trop tôt ? C’est tout ce qu’on peut souhaiter à ses adversaires… On disait aussi ça d’Everts, non ?
Le « J’te casse ta bonne excuse » award…
…est attribué conjointement à Tyla Rattray et Tommy Searle ! «Impossible de faire péter un départ», «Impossible de doubler», on a beaucoup entendu ce genre de propos de la part des pilotes MX2 qui n’avaient, c’est vrai, pas la partie facile. Mais bon… Rattray 5, Searle 7. Ils roulent dans quelle catégorie, déjà ?
Le « bonne surprise » award…
…est attribué conjointement à Christophe Martin et JulienVanni. Pas les plus attendus, pas les plus flashy ou les plus médiatiques, mais ils étaient bien là . 13 –avec une Husky en suspensions stock !- et 15, pas mal.
Le « Kamikaze » award…
…est pour le japonais Kojima. Globalement assez parfaitement au-dessus de ses pompes, nous gratifiant de passages hautement techniques à grand renfort de coups de bottes visant à rétablir un équilibre souvent précaire, notre artiste a fini sonné dans les grillages, sans trop de bobo heureusement.
Le « Pétard mouillé » award…
…est attribué à Gautier Paulin ! J’avais très envie de voir Gautier en 450 face aux meilleurs…J’ai vu beaucoup de chutes le samedi, et puis… Plus rien. Too bad.
Espérons que cette petite fracture ne va pas trop perturber sa préparation.
Le « Mégaflop » award…
…est attribué à Tanel Leok ! Heu, le garçon n’est pas vaguement supposé être un prétendant au titre mondial ?
Le « Mon nouveau team manager est heureux » award …
…est attribué aux Musquin Bros ! 2 points en six manches, ça calme…
Espérons que la suite des opérations se passe mieux…
Le « Meilleur figurant » award…
…est attribué conjointement à Mickaël Musquin et Alexandre Rouïs.
Ils sont là , on les distingue vaguement au loin, à l’arrière-plan mais personne ne les remarque vraiment… Triste.
Le « Vieillard neurasthénique » award…
…est attribué à Greg Aranda ! Ah, au moment où il est tombé au bas de la grande descente, on sentait qu’il en voulait vraiment, Greg… Un ligue 3 vétéran aurait relevé sa mob plus vite…
Pourtant, un peu plus tard, en s’énervant un poil, il a gardé un long moment la roue des hommes de tête… Allez, on y croit !
Le « Best mechanic » award…
…est attribué au mécano de Pascal Leuret ! Cause de l’abandon en 3e manche : petit problème de niveau d’huile suite à la perte du bouchon de vidange… Non, pas sur la tête, Pascal, pas sur la tête !
Le « Full fear» award…
…est attribué à tous ceux qui serraient très fort les fesses dans la grande descente du circuit. On a beau être dans l’antichambre du Mondial, croyez-moi, il y en a, des motos mal réglées en suspensions. Pour certaines, ça fait même carrément peur…
Le « No fear » award…
…est attribué aux quelques spectateurs qui, comme moi, avaient choisi des spots « totalement sécurisés » tels le bas de la première descente après le départ ou les abords de la table qui suit celle de l’arrivée. Vue imprenable sur les pilotes qui arrivent pleine balle de face, hautement spectaculaire et à haut dosage en adrénaline… Vu le chétif grillage qui nous sépare d’eux, faut juste pas qu’ils se sortent !
Le « Horror show » award…
…est attribué à … Pas facile cette année… Même si je ne goûte guère certaines tenues ou casques, il n’y a cette année à Valence rien de fondamentalement laid… On va donc se rabattre sur la véritable petite boutique des horreurs qu’est le stand Snatch, vous savez, ces très jolis caleçons et strings aux couleurs élégantes et au design raffiné… C’est aussi moche que criard, j’aurais sûrement adoré ça à 17 ans… D’autant que quand ton (ta) chérie porte des sous-vêtements aussi atroces, tu n’as fatalement qu’une envie : les lui enlever.
Le « Malbouffe » award…
…est attribué au M.C.Valentinois ! Il y a beaucoup de choses top à Valence, mais comme sur tant d’autres circuits, la « restauration » est parfaitement ignoble… Saucisses 100% PVC sorties tout droit de chez AirProtek, frites insipides pas cuites, c’est aussi mauvais diététiquement qu’au niveau goût… Et dire qu’à Glen Helen, j’ai mangé des épis de maïs croquants et savoureux avant d’avaler des fruits frais…
Indoor de Lyon : Non stop action !
Et si la gagnante de la soirée, c’était elle ? C’est sûr, elle a fait le boulot pour lequel elle était venue, ayant la peau de calibres comme Planet, Aubert ou Ahola pour ne citer que ceux-là .
Elle n’est pourtant pas si impressionnante que ça, cette marche… Quatre gros troncs assemblés à la verticale, l’ensemble doit certes faire dans les deux mètres de haut, mais un gros tas de terre tassé à sa base crée un joli appel qui atténue la verticalité de la chose. On se dit presque qu’on pourrait y arriver. Et pourtant…
Pour paraphraser un classique de Francis Magnanou en SX, à l’enduro indoor de Lyon aussi, la première vedette de la soirée, c’est la piste !
Parce que la marche en question est venue avec plein de petits camarades eux aussi bien sympa, comme ce pierrier qui se termine en côte à l’adhérence des plus précaires, ou ce petit double dont l’appel est constitué…d’un tronc d’arbre couché ! Dès les essais, un constat s’impose d’ailleurs, qui confortera certainement nos amis écologistes dans leurs convictions profondes: un arbre, fut-il couché, c’est pas fait pour rouler dessus. Ceci étant, il sait fort bien se défendre en envoyant quantité d’impudents de tous niveaux à terre.
La piste, plus grande et plus rapide, semble néanmoins poser moins de problèmes aux pilotes que celle de l’an dernier. En tous cas, comme souvent –toujours ?- avec JLFO, l’ensemble est magnifique et bien pensé. Deux seuls bémols : la sono, à peu près aussi inaudible qu’en 2007 depuis les gradins – de l’aveu même de Thierry Fouchet, la conception du hall le rend très difficile à sonoriser- et le « pont » du pierrier qui aurait peut-être besoin d’une jolie petite rambarde : après avoir vu Johnny Aubert se mettre à l’équerre puis sauter avec sa moto directement sur la piste en contrebas, j’étais assez heureux qu’aucun pilote n’arrive en sens inverse à ce moment…
Mais globalement, rien à dire, c’est du beau travail et tôt dans l’après-midi, on voit déjà de fort jolis passages.
Le spectacle est même si sympa que j’avoue avoir encore du mal à comprendre la levée de boucliers de certains journalistes et internautes à l’issue de la première de l’an dernier. Ce n’était d’ailleurs pas l’organisation qui était critiquée, mais l’hérésie absolue que constituerait l’organisation d’un enduro entre quatre murs. Bon, je peux aisément comprendre qu’un puriste de la discipline tente de nous convaincre que l’indoor est à l’enduro ce qu’un Caprice des Dieux est à un Saint-Nectaire, pour une raison simple : ce n’est pas plus de l’enduro que le Touquet, c’est clairement une nouvelle discipline, à laquelle, pilote ou spectateur, on adhère…ou pas.
J’ai quand même du mal à admettre qu’un amateur de moto tout-terrain ne puisse pas trouver du plaisir dans une épreuve aussi animée, sans aucun temps mort. Parce qu’honnêtement, il y en a absolument pour tous les goûts.
Déjà , il y a de l’ambiance dans la salle. Une foule qui rassemble afficionados et grand public néophyte dans un mélange qui tient à la fois du SX et de ce côté bon enfant et décontracté propre à l’enduro, à l’image de ce fan enthousiaste déguisé en vache des cornes aux sabots… Il y a des discussions de potes un peu perdus sans sono (« Qui c’est lui ? » « Sur la Honda, c’est Albepart. » « Ben non, il est passé chez Kawa… »), des discussions père -fille (« Non ma chérie, Mika Ahola, c’est pas le Mika qui chante. », la petite est déçue), et également d’agréables discussions d’ivrognes (« Asssis le gros c… devant, j’vais te défoncer ta gu…, moi ! »).
Il y a aussi, il ne faut pas se le cacher, un mix de freestyle et de franche rigolade que les détracteurs de la discipline appèlent du cirque. Nac Nac, Tsunami –sans jamais quitter le sol- et no hand landings en pagaille parsèment les courses, sans guère de bobo ailleurs qu’à l’égo, heureusement. Et c’est vrai que le public se régale, sans méchanceté, des déboires des pilotes qui tirent, poussent, pédalent, descendent en marche arrière… Bon, c’est certain que lorsqu’on en arrive au dernier repêchage des Nationaux, on est quelque part entre Intervilles Mont de Marsan /Vic-Fezensac et les troupes napoléoniennes pendant la retraite de Russie, mais tous ceux qui ont déjà fait un peu de moto compatissent plus qu’autre chose aux malheurs des victimes … Voir des gars quatre fois meilleurs que vous ramer comme des perdus donne une bonne idée des difficultés et adoucit les souvenirs douloureux de toutes les fois où l’on a soi-même pris sa mob sur la tête.
C’est sûr, c’est parfois cruel… Marc Germain par exemple, a dit plus d’une fois qu’il n’aimait pas l’indoor, je peux confirmer ici que l’indoor ne l’aime pas non plus…
Mais surtout, il y du pilotage, du beau, du vrai, du technique, et d’autant plus valorisé et acclamé par la foule que comme on vient de le voir, les faire-valoir –et parfois prestigieux-, ne manquent pas ! La volonté de certains Nationaux comme Gagnoud sur sa HM ou Tissot et sa KTM, la hargne parfois désordonnée d’un Bourgeois ou d’un Joly, l’application et la montée en puissance d’un Nambotin, le style d’un Aubert ou d’un Ahola sont un régal. Et laissent d’autant moins indifférents qu’admirer aussi longtemps des top pilotes d’enduro en action est par essence une occasion bien rare.
Dans ce fort beau plateau, j’ai envie de décerner trois mentions spéciales à trois garçons qui, chacun à leur façon, sont vraiment sortis de l’ordinaire.
La première pour Bruno Camozzi. Le vétéran du trial français est sans aucun doute le promeneur le plus technique du monde…et très certainement le pilote le plus agaçant qui soit pour ses adversaires ! Bruno se traîne lamentablement, ou du moins est-ce l’impression qu’il donne, mais chez les Nationaux, il est perpétuellement en tête. Parce que s’il ne dépasse guère le 15 à l’heure, on peut jeter n’importe quel obstacle sous ses roues, il reste exactement à la même vitesse, sans ralentir ou dévier de sa trace quoi qu’il arrive ! C’est peu dire qu’il aura fallu des trésors d’attaque à Gagnoud et Tissot pour venir à bout, en finale, de l’homme qui ne s’assoit jamais et ne met jamais un coup de gaz ! Surréaliste…
Deuxième marche de mon podium pour Fabien Planet. Malheureusement happé dès le départ de la finale par notre maintenant célèbre marche –il faut dire que c’était le premier obstacle après le départ cross et qu’à quatre de front, ça pouvait devenir réellement complexe-, Fabien avait jusque là ébloui le public. Des passages spectaculaires alliant coups de gaz sauvages et finesse avec…un 530 EXC au guidon duquel il est clairement très à l’aise, une attaque de chaque instant, c’était du lourd ! A noter pour la petite histoire que la salle n’était manifestement pas insensible à la grande musique distillée par la ligne Akra titane, heu, comment dire… « Dûment homologuée », voilà , c’est le terme que je cherchais. Pas sûr qu’elle plaise autant au collège technique de la FFM !
Number One de la soirée dans mon Panthéon personnel, Fred Bolley. Ou plus précisément encore, la première manche de Fred Bolley. Si on n’a pas forcément été convaincu par Fred enduriste la saison dernière, là , c’était grand. Crossman dans les appuis, trialiste sur les franchissements, enduriste dans les dévers et d’une propreté clinique, Fred a délivré là un récital de pilotage. Ca s’est malheureusement gâté par la suite avec une deuxième sortie très brouillonne avant de rentrer une finale « full attack » suite à une chute et de nous servir une super remontée à la poursuite de Nambotin, gros baston avec Seb Guillaume à l’appui.
Pour un pré-retraité, franchement… Pas mal.
Vous l’aurez déjà compris, le dernier point qui fait à mon sens qu’on ne peut pas rester insensible à l’enduro indoor, c’est qu’il y règne un baston et un suspense permanents et hautement réjouissants. Si jamais le célèbre adage « La course n’est jamais finie tant que le drapeau à damiers n’est pas abaissé » à pris tout son sens, c’est bien ici. Fred Bolley, justement, me le confirmait en fin de soirée : la discipline demande, en plus de la technique, un physique et une concentration de chaque instant qui font que tout peut arriver, jusqu’aux derniers mètres. Et c’est vrai que la tension et les rebondissements sont permanents, tant gérer à la fois une piste impitoyable et des adversaires prêts à tout pour vous bouffer est un exercice difficile.
De quoi assurer des courses 100% excitantes !
Les pilotes se surpassent et progressent dans leur art, de nouveaux talents émergent, le public est aux premières loges et se régale…
L’enduro indoor, moi, j’en veux encore !
