Valence awards
En cette période où se suivent Césars et Oscars, le MX de Valence offrait une bonne occasion de donner quelques coups de projecteurs bien placés sur les principaux acteurs de la saison à venir.
Les « Valence awards », action, ça tourne !
Le « Charles Krajka » spécial award…
…est attribué à l’ensemble des teams pour le barouf infernal qu’ils produisent ! Tous les hivers, on entend parler du caractère essentiel de la lutte contre le bruit. Et quand on arrive sur les circuits, on n’entend plus rien, plus rien du tout ! Une avalanche de db parfaitement insupportable et qui porte à des kilomètres…
Exception d’autant plus notable qu’elle est unique : la Husky de Christophe Martin.
Le « I’m the boss » award…
…est bien sûr attribué à Josh Coppins ! Trois manches, trois courses solides, trois victoires, Josh a bien l’intention d’affirmer d’entrée qu’il faut compter avec lui pour un titre qui serait pleinement mérité. A noter que le kiwi a manifestement bossé les points faibles de son pilotage : je n’irais sans doute pas jusqu’à le qualifier de fluide et aérien, mais le changement est net.
Le « total intox » award…
…est attribué à Jacky Vimond ! Les temps chrono fort décevants de Coppins et de Paulin s’expliqueraient par le fait que sur les instructions de leur mentor, ils rendaient la main sur certaines parties du circuit pendant qu’ils roulaient à leur vrai rythme sur d’autres secteurs ou Jacky prenait des partiels significatifs… C’est beau, la guerre psychologique !
Le « Urgences» award…
…est attribué à Seb Pourcel ! Certainement le malade le plus rapide du monde avec Tim Potisek, Seb a fait trois manches très solides qui laissent clairement à penser qu’il sera un des plus gros adversaires de Coppins. Seb a manifestement mûri, faisant des courses réfléchies, même malade, alors qu’il n’y a pas si longtemps, il se serait mis par terre, même en pleine forme. Belle perf.
Le « Si je veux j’attaque » award…
…est attribué à Steve Ramon ! Steve va vite dans un style parfait, rien de neuf. Mais à quand remonte la dernière fois que vous l’avez vu se battre pour une place ? Oui, c’est ça… Longtemps ! En troisième manche à Valence, Steve était à l’attaque totale derrière Coppins pendant plusieurs tours, manifestement fermement décidé à le bouffer ! Bon, ça ne l’a pas fait, ça n’a pas duré, mais c’était chouette, cette étincelle…
Le « Goon riding » award…
…est attribué à Ken De Dijker, qui d’autre ? Toujours rapide et plus technique qu’il en à l’air, le géant belge nous rentre quand même des trucs incroyables, comme le saut de la ligne de départ, assis les c…sur le réservoir et les épaules au-dessus du garde-boue arrière…
Particulier.
Le « 50/50 » award…
…est attribué à Julien Bill –ou Bill Julien, comme le speaker l’a appelé tout le week-end- !
Départs et débuts de manches canon, gros rythme, Julien manque manifestement un peu de physique et tend à s’effondrer en deuxième moitié de manche. Va falloir commander le kit bras au HRC, c’est long, un GP.
Le « petits moyens, grosse attaque » award…
…est attribué à Nicolas Aubin ! S’il y a pas mal de pilotes de ligue qui ont deux fois le matos qu’avait Nico à Valence, ils n’ont pas exactement le même rythme ! Aubin est à l’aise au guidon d’une 450, à un style réjouissant, s’amuse et ne force pas. Bon, j’avoue que j’attendais peut-être un peu mieux de Nico que deux fois 7, mais au vu des résultats des frenchies qui avaient choisi de rester en 250, on ne va pas faire le difficile, hmm…
Le « Ce gars est prêt trop tôt » award…
…est attribué à Tommy Searle ! Seul pilote MX2 avec son coéquipier Rattray à se mettre en valeur pendant les manches, Tommy fait preuve d’une attaque impressionnante, dans un style plutôt fluide malgré une puissance physique manifeste. Prêt trop tôt ? C’est tout ce qu’on peut souhaiter à ses adversaires… On disait aussi ça d’Everts, non ?
Le « J’te casse ta bonne excuse » award…
…est attribué conjointement à Tyla Rattray et Tommy Searle ! «Impossible de faire péter un départ», «Impossible de doubler», on a beaucoup entendu ce genre de propos de la part des pilotes MX2 qui n’avaient, c’est vrai, pas la partie facile. Mais bon… Rattray 5, Searle 7. Ils roulent dans quelle catégorie, déjà ?
Le « bonne surprise » award…
…est attribué conjointement à Christophe Martin et JulienVanni. Pas les plus attendus, pas les plus flashy ou les plus médiatiques, mais ils étaient bien là . 13 –avec une Husky en suspensions stock !- et 15, pas mal.
Le « Kamikaze » award…
…est pour le japonais Kojima. Globalement assez parfaitement au-dessus de ses pompes, nous gratifiant de passages hautement techniques à grand renfort de coups de bottes visant à rétablir un équilibre souvent précaire, notre artiste a fini sonné dans les grillages, sans trop de bobo heureusement.
Le « Pétard mouillé » award…
…est attribué à Gautier Paulin ! J’avais très envie de voir Gautier en 450 face aux meilleurs…J’ai vu beaucoup de chutes le samedi, et puis… Plus rien. Too bad.
Espérons que cette petite fracture ne va pas trop perturber sa préparation.
Le « Mégaflop » award…
…est attribué à Tanel Leok ! Heu, le garçon n’est pas vaguement supposé être un prétendant au titre mondial ?
Le « Mon nouveau team manager est heureux » award …
…est attribué aux Musquin Bros ! 2 points en six manches, ça calme…
Espérons que la suite des opérations se passe mieux…
Le « Meilleur figurant » award…
…est attribué conjointement à Mickaël Musquin et Alexandre Rouïs.
Ils sont là , on les distingue vaguement au loin, à l’arrière-plan mais personne ne les remarque vraiment… Triste.
Le « Vieillard neurasthénique » award…
…est attribué à Greg Aranda ! Ah, au moment où il est tombé au bas de la grande descente, on sentait qu’il en voulait vraiment, Greg… Un ligue 3 vétéran aurait relevé sa mob plus vite…
Pourtant, un peu plus tard, en s’énervant un poil, il a gardé un long moment la roue des hommes de tête… Allez, on y croit !
Le « Best mechanic » award…
…est attribué au mécano de Pascal Leuret ! Cause de l’abandon en 3e manche : petit problème de niveau d’huile suite à la perte du bouchon de vidange… Non, pas sur la tête, Pascal, pas sur la tête !
Le « Full fear» award…
…est attribué à tous ceux qui serraient très fort les fesses dans la grande descente du circuit. On a beau être dans l’antichambre du Mondial, croyez-moi, il y en a, des motos mal réglées en suspensions. Pour certaines, ça fait même carrément peur…
Le « No fear » award…
…est attribué aux quelques spectateurs qui, comme moi, avaient choisi des spots « totalement sécurisés » tels le bas de la première descente après le départ ou les abords de la table qui suit celle de l’arrivée. Vue imprenable sur les pilotes qui arrivent pleine balle de face, hautement spectaculaire et à haut dosage en adrénaline… Vu le chétif grillage qui nous sépare d’eux, faut juste pas qu’ils se sortent !
Le « Horror show » award…
…est attribué à … Pas facile cette année… Même si je ne goûte guère certaines tenues ou casques, il n’y a cette année à Valence rien de fondamentalement laid… On va donc se rabattre sur la véritable petite boutique des horreurs qu’est le stand Snatch, vous savez, ces très jolis caleçons et strings aux couleurs élégantes et au design raffiné… C’est aussi moche que criard, j’aurais sûrement adoré ça à 17 ans… D’autant que quand ton (ta) chérie porte des sous-vêtements aussi atroces, tu n’as fatalement qu’une envie : les lui enlever.
Le « Malbouffe » award…
…est attribué au M.C.Valentinois ! Il y a beaucoup de choses top à Valence, mais comme sur tant d’autres circuits, la « restauration » est parfaitement ignoble… Saucisses 100% PVC sorties tout droit de chez AirProtek, frites insipides pas cuites, c’est aussi mauvais diététiquement qu’au niveau goût… Et dire qu’à Glen Helen, j’ai mangé des épis de maïs croquants et savoureux avant d’avaler des fruits frais…
Indoor de Lyon : Non stop action !
Et si la gagnante de la soirée, c’était elle ? C’est sûr, elle a fait le boulot pour lequel elle était venue, ayant la peau de calibres comme Planet, Aubert ou Ahola pour ne citer que ceux-là .
Elle n’est pourtant pas si impressionnante que ça, cette marche… Quatre gros troncs assemblés à la verticale, l’ensemble doit certes faire dans les deux mètres de haut, mais un gros tas de terre tassé à sa base crée un joli appel qui atténue la verticalité de la chose. On se dit presque qu’on pourrait y arriver. Et pourtant…
Pour paraphraser un classique de Francis Magnanou en SX, à l’enduro indoor de Lyon aussi, la première vedette de la soirée, c’est la piste !
Parce que la marche en question est venue avec plein de petits camarades eux aussi bien sympa, comme ce pierrier qui se termine en côte à l’adhérence des plus précaires, ou ce petit double dont l’appel est constitué…d’un tronc d’arbre couché ! Dès les essais, un constat s’impose d’ailleurs, qui confortera certainement nos amis écologistes dans leurs convictions profondes: un arbre, fut-il couché, c’est pas fait pour rouler dessus. Ceci étant, il sait fort bien se défendre en envoyant quantité d’impudents de tous niveaux à terre.
La piste, plus grande et plus rapide, semble néanmoins poser moins de problèmes aux pilotes que celle de l’an dernier. En tous cas, comme souvent –toujours ?- avec JLFO, l’ensemble est magnifique et bien pensé. Deux seuls bémols : la sono, à peu près aussi inaudible qu’en 2007 depuis les gradins – de l’aveu même de Thierry Fouchet, la conception du hall le rend très difficile à sonoriser- et le « pont » du pierrier qui aurait peut-être besoin d’une jolie petite rambarde : après avoir vu Johnny Aubert se mettre à l’équerre puis sauter avec sa moto directement sur la piste en contrebas, j’étais assez heureux qu’aucun pilote n’arrive en sens inverse à ce moment…
Mais globalement, rien à dire, c’est du beau travail et tôt dans l’après-midi, on voit déjà de fort jolis passages.
Le spectacle est même si sympa que j’avoue avoir encore du mal à comprendre la levée de boucliers de certains journalistes et internautes à l’issue de la première de l’an dernier. Ce n’était d’ailleurs pas l’organisation qui était critiquée, mais l’hérésie absolue que constituerait l’organisation d’un enduro entre quatre murs. Bon, je peux aisément comprendre qu’un puriste de la discipline tente de nous convaincre que l’indoor est à l’enduro ce qu’un Caprice des Dieux est à un Saint-Nectaire, pour une raison simple : ce n’est pas plus de l’enduro que le Touquet, c’est clairement une nouvelle discipline, à laquelle, pilote ou spectateur, on adhère…ou pas.
J’ai quand même du mal à admettre qu’un amateur de moto tout-terrain ne puisse pas trouver du plaisir dans une épreuve aussi animée, sans aucun temps mort. Parce qu’honnêtement, il y en a absolument pour tous les goûts.
Déjà , il y a de l’ambiance dans la salle. Une foule qui rassemble afficionados et grand public néophyte dans un mélange qui tient à la fois du SX et de ce côté bon enfant et décontracté propre à l’enduro, à l’image de ce fan enthousiaste déguisé en vache des cornes aux sabots… Il y a des discussions de potes un peu perdus sans sono (« Qui c’est lui ? » « Sur la Honda, c’est Albepart. » « Ben non, il est passé chez Kawa… »), des discussions père -fille (« Non ma chérie, Mika Ahola, c’est pas le Mika qui chante. », la petite est déçue), et également d’agréables discussions d’ivrognes (« Asssis le gros c… devant, j’vais te défoncer ta gu…, moi ! »).
Il y a aussi, il ne faut pas se le cacher, un mix de freestyle et de franche rigolade que les détracteurs de la discipline appèlent du cirque. Nac Nac, Tsunami –sans jamais quitter le sol- et no hand landings en pagaille parsèment les courses, sans guère de bobo ailleurs qu’à l’égo, heureusement. Et c’est vrai que le public se régale, sans méchanceté, des déboires des pilotes qui tirent, poussent, pédalent, descendent en marche arrière… Bon, c’est certain que lorsqu’on en arrive au dernier repêchage des Nationaux, on est quelque part entre Intervilles Mont de Marsan /Vic-Fezensac et les troupes napoléoniennes pendant la retraite de Russie, mais tous ceux qui ont déjà fait un peu de moto compatissent plus qu’autre chose aux malheurs des victimes … Voir des gars quatre fois meilleurs que vous ramer comme des perdus donne une bonne idée des difficultés et adoucit les souvenirs douloureux de toutes les fois où l’on a soi-même pris sa mob sur la tête.
C’est sûr, c’est parfois cruel… Marc Germain par exemple, a dit plus d’une fois qu’il n’aimait pas l’indoor, je peux confirmer ici que l’indoor ne l’aime pas non plus…
Mais surtout, il y du pilotage, du beau, du vrai, du technique, et d’autant plus valorisé et acclamé par la foule que comme on vient de le voir, les faire-valoir –et parfois prestigieux-, ne manquent pas ! La volonté de certains Nationaux comme Gagnoud sur sa HM ou Tissot et sa KTM, la hargne parfois désordonnée d’un Bourgeois ou d’un Joly, l’application et la montée en puissance d’un Nambotin, le style d’un Aubert ou d’un Ahola sont un régal. Et laissent d’autant moins indifférents qu’admirer aussi longtemps des top pilotes d’enduro en action est par essence une occasion bien rare.
Dans ce fort beau plateau, j’ai envie de décerner trois mentions spéciales à trois garçons qui, chacun à leur façon, sont vraiment sortis de l’ordinaire.
La première pour Bruno Camozzi. Le vétéran du trial français est sans aucun doute le promeneur le plus technique du monde…et très certainement le pilote le plus agaçant qui soit pour ses adversaires ! Bruno se traîne lamentablement, ou du moins est-ce l’impression qu’il donne, mais chez les Nationaux, il est perpétuellement en tête. Parce que s’il ne dépasse guère le 15 à l’heure, on peut jeter n’importe quel obstacle sous ses roues, il reste exactement à la même vitesse, sans ralentir ou dévier de sa trace quoi qu’il arrive ! C’est peu dire qu’il aura fallu des trésors d’attaque à Gagnoud et Tissot pour venir à bout, en finale, de l’homme qui ne s’assoit jamais et ne met jamais un coup de gaz ! Surréaliste…
Deuxième marche de mon podium pour Fabien Planet. Malheureusement happé dès le départ de la finale par notre maintenant célèbre marche –il faut dire que c’était le premier obstacle après le départ cross et qu’à quatre de front, ça pouvait devenir réellement complexe-, Fabien avait jusque là ébloui le public. Des passages spectaculaires alliant coups de gaz sauvages et finesse avec…un 530 EXC au guidon duquel il est clairement très à l’aise, une attaque de chaque instant, c’était du lourd ! A noter pour la petite histoire que la salle n’était manifestement pas insensible à la grande musique distillée par la ligne Akra titane, heu, comment dire… « Dûment homologuée », voilà , c’est le terme que je cherchais. Pas sûr qu’elle plaise autant au collège technique de la FFM !
Number One de la soirée dans mon Panthéon personnel, Fred Bolley. Ou plus précisément encore, la première manche de Fred Bolley. Si on n’a pas forcément été convaincu par Fred enduriste la saison dernière, là , c’était grand. Crossman dans les appuis, trialiste sur les franchissements, enduriste dans les dévers et d’une propreté clinique, Fred a délivré là un récital de pilotage. Ca s’est malheureusement gâté par la suite avec une deuxième sortie très brouillonne avant de rentrer une finale « full attack » suite à une chute et de nous servir une super remontée à la poursuite de Nambotin, gros baston avec Seb Guillaume à l’appui.
Pour un pré-retraité, franchement… Pas mal.
Vous l’aurez déjà compris, le dernier point qui fait à mon sens qu’on ne peut pas rester insensible à l’enduro indoor, c’est qu’il y règne un baston et un suspense permanents et hautement réjouissants. Si jamais le célèbre adage « La course n’est jamais finie tant que le drapeau à damiers n’est pas abaissé » à pris tout son sens, c’est bien ici. Fred Bolley, justement, me le confirmait en fin de soirée : la discipline demande, en plus de la technique, un physique et une concentration de chaque instant qui font que tout peut arriver, jusqu’aux derniers mètres. Et c’est vrai que la tension et les rebondissements sont permanents, tant gérer à la fois une piste impitoyable et des adversaires prêts à tout pour vous bouffer est un exercice difficile.
De quoi assurer des courses 100% excitantes !
Les pilotes se surpassent et progressent dans leur art, de nouveaux talents émergent, le public est aux premières loges et se régale…
L’enduro indoor, moi, j’en veux encore !
